Dans le cadre de l’article « Vivre avec le risque au quotidien » un nouveau contenu est désormais disponible à la lecture, la note de la FEP Catastrophes nucléaires et « normalisation » des zones contaminées de Sezin Topçu, chargée de recherche au CNRS et enseignant à l’EHESS, auteure de La France nucléaire. L’art de gouverner une technologie contestée (Le Seuil, 2013).

En retraçant les étapes historiques d’une banalisation des catastrophes nucléaires, elle aborde les enjeux politiques, économiques, sanitaires, démocratiques et éthiques de leur « normalisation ».

Vous pouvez rencontrer et débattre avec Sezin Topçu le 15 juin 2016 à 18h

Au Centre de sociologie des organisations, 19 rue Amélie 75007 Paris (métro : La-Tour-Maubourg), inscriptions en ligne

INTRODUCTION : La minimisation des impacts catastrophiques d’un accident nucléaire est en passe de devenir un grand classique de notre temps, et ce non seulement dans les pays où la présence d’installations nucléaires est importante, comme la France, ou dans les pays ayant déjà subi un accident, comme le Japon ou la Biélorussie, mais également dans les pays qui en sont dépourvus. Cette minimisation, qui semble s’imposer avec force, relève de la capacité de « résilience » des nucléaristes, c’est-à-dire des industriels, des Etats nucléaires, ainsi que de certaines instances de régulation, nationales comme internationales.

Comment les nucléaristes ont-ils réussi à banaliser le mal radioactif à ce point ? Par quels moyens, stratégies et mots d’ordres les instances gouvernantes sont parvenues à formuler le problème en termes de modalités d’évacuation, voire de sa légitimité, alors qu’on devrait plutôt discuter collectivement de la légitimité à continuer à faire usage d’installations qui ont un potentiel de transformation et de destruction inégalé sur les territoires, les ressources naturelles, les espèces vivantes, et les corps humains?

En partant de ces questions, la présente note souhaite contribuer à l’avènement d’un débat politique et citoyen, qui n’a que trop tardé, autour de la problématique des territoires contaminés en cas d’accident nucléaire.